Itinéraire effectué fin Avril 2014, en continuation de celui effectué plus au Nord en Octobre 2013
819 km - 9303 m de montée et 10549 m de descente
819 km - 9303 m de montée et 10549 m de descente
L'itinéraire a été le suivant:
Avec 2 parties séparées par un jour de repos.
De El Espinar à Espiels
441 km - 4909 m de montée et 5714 m de descente
441 km - 4909 m de montée et 5714 m de descente

Jeudi 24 Avril 2014
On le sait le plus dur dans les voyages à vélo, c’est le transfert de l’engin de la maison au point de départ : en l’occurrence ce jeudi 24 Avril, j’avais à prendre le RER puis le bus qui m’emmène ’à Orly (s'il a de la place), empaqueter le vélo, prendre l’avion jusqu’à Madrid puis un taxi qui me conduit à El Espinar, 80 km au Nord-Est de la capitale. Jusque-là tout s’est bien passé ce qui n’est pas si mal ; quoique…
Après 1 h pour remonter le vélo sur la place du village, voilà une violente averse de pluie froide qui retarde le départ ; 40 km à rouler pour rejoindre Avila. Il est déjà 15 h 30. Puis dès le départ mon dérailleur…déraille : impossible d’utiliser les 4 plus grands pignons et ça fait que monter sur ce causse totalement désertique (pas une habitation sur les 40 km devant moi) ; le vent souffle très fort, 5/5 dans le nez. Tant bien que mal je joue des 3 plateaux comme pignons mais ce n’est pas top. Finalement, l’averse qui me prend à 10 km d’Avila est très violente avec de la grêle, une bonne occasion de tester le matos. Bon y doit y avoir mieux comme départ mais c’est un beau rappel salutaire que la montagne, même en vélo, faut pas trop jouer avec.
Avila c’est pas mal (ça vaut le coup comme dirait Bidochon) mais même à cette époque de l’année où le vent froid balaye le causse, dès potron-minet les hordes de touristes gâchent un peu la fête.
25 Avril
Ce vendredi matin je file droit au marchand de vélo que l’on m’a indiqué la veille pour réparer le dérailleur, probablement bousculé et tordu dans l’avion. Ce premier vélo-réparateur, qui avoue ne pas savoir réparer, m’envoie en lointaine banlieue (heureusement assez accessible) chez l’homme qu’il me fallait : 1 h après, tout est rentré dans l’ordre avec un gros ouf de soulagement. A méditer pour les prochains voyages : envelopper le vélo dans du plastique peut ne pas suffire, mais le carton aurait-il fait mieux ?
Gros programme ce jour avec passage de deux cols dont le premier (qui culmine à 1650 m) avec des lacets comme dans le tour de France, enfin presque. Ça passe mais dans la douleur du fait de mon entrainement quasi inexistant ces derniers 15 jours. Pour le second col, le temps se couvre, et juste le temps de descendre les lacets vertigineux du Puerto del Pico avant qu’il ne pleuve. Hôtel haut de gamme à Cuevas Del Valle : j’y serai le seul occupant comme presque tout le temps en Espagne.

26 Avril
Ce samedi, l’étape sera courte et plutôt en descente : en fait les bosses entre le fond de la vallée et Talavera de la Reina cumuleront néanmoins 5 à 600 m de montée. L’étape commence par la fin… de la descente d’hier avec un magnifique château type belle au bois dormant, à Arenas de San-Pedro.
Puis je quitte la N 502, que je suis depuis hier (excellentissime goudron et peu de circulation mais quand même Nationale – je vais en fait la suivre sur plus de 300 km sans être gêné le moins du monde par la circulation, un peu le dimanche) et m’engage dans la campagne profonde. Beaucoup de bosses, 3 villages en 30 km et tout au long de la route, des immenses propriétés (Fincas), caractérisées par : un portique d’entrée plus ou moins somptueux, et une route qui part au loin au loin sans que l’on puisse jamais voir la propriété ; sur le bord de la route que je suis, des barbelés à l’infini, des haras, des champs d’olivier pour une surface totale de combien de centaines d’hectares.
A midi (14 h en fait) je prends un thé et déjeune sur le banc d’une magnifique placette à Montesclaros.
Enfin la dernière bosse me permet de découvrir Talavera avec le Tage sinueux à cet endroit. Le GPS, merci à lui, me permet d’arriver direct à la Pension Embajada. Le temps est resté gris foncé, sans pleuvoir toutefois, toute la journée mais en cette fin d’après-midi ça semble enfin vouloir se découvrir.
Excellente oreilles de cochons frites (populaires dans le coin) et excellentissimes gambas à ma pension bas de gamme : comme quoi…
27 Avril
Ce dimanche matin après la fête, c’est tout mort dans Talavera, et je déjeune dans la chambre : le café sera une dosette de Nescafé avec l’eau chaude de la douche : basta, il doit y avoir pire. Ayant décidé de couper les 105 km à venir en deux (grand bien me fais-je car le dénivelé est important sur cet itinéraire du bout du monde) je prends le temps de visiter vélocipédiquement Talavera dans la douceur du beau temps revenu. Le Tage est large et tranquille, les ponts magnifiques, les églises étincellent sous le soleil : un vrai coup de cœur, le beau temps revenu y fait beaucoup.
Je pars donc encore une fois assez tard, sachant l’étape courte quoique l’altitude d’arrivée soit bien supérieure à celle de départ. La petite inquiétude du jour est celle de …la selle de mon vélo : la selle Brooks serait-elle inférieure à sa réputation ? Le fait est que l’endroit le plus inaccessible du corps est un peu en feu. En fait là aussi je manque d’entraînement et 2 jours après ça ira déjà mieux.
Les deux aventures du jour concernent des piqûres : celle que ne m’a pas donné le gros serpent en plein milieu de la partie droite de la route (la mienne) et que j’ai évité d’extrême extrême justesse ; comment a-t-il pu survivre jusqu’à ce que j’arrive ce con ? Pas eu le courage de retourner le photographier. Et la piqûre que j’ai pris cette fois sous l’œil : un classique redoutable : la bestiole rentre sous la lunette du cycliste qui s’affole un peu et bingo pour une paupière gonflée pendant plusieurs heures. Bon là aussi, rappel salutaire mais que faire si c’est par la bouche ouverte en plein effort que se produit l’incident?
Ce soir, je loge dans un hôtel de bord de route à 1 km d’un petit village, ce qui me rappelle des souvenirs de Turquie : parfois désert, parfois bondé (arrêt de bus) un maximum de bruit pendant les matches de foot, c.a.d tout le temps le dimanche ; rien ne peut m’arriver et je dors bien.
28 Avril
Ce lundi est pour le moment la plus belle et la plus sauvage des journées car sur 55 km, il n’y aura que 2 villages, certes assez gros mais quand même ça fait pas beaucoup en cas problème. La route nationale N5 02, commencée au km 0 et dont je vais passer le Km 200 , est super calme ce matin.
Depuis hier le bord de la route est couvert de cytises en fleurs et quand je prends de l’altitude, les pins remplacent les feuillus et ça sent drôlement bon le midi (de la France).
Je suis bien plus bas que le midi de la France en fait. A ce propos, ce matin ils donnaient la météo à la télé : j’ai bien fait de filer au sud coûte que coûte car le Tage semble ici jouer le rôle de la Loire : au nord un temps de chien, au sud (c’est moi, j’y suis), il fait beau et même chaud dans les nombreuses côtes du jour. En haut du premier collet je m’arrête boire un café (NB : pour la première fois j’ai de bonne sensation dans les jambes, tiens tiens la forme qui arrive ? restons prudent) et constate que je peux quitter la N 502 par des petites routes : c’est vrai que c’est encore mieux, et qui plus est cela permet de surplomber d’abord puis de longer ensuite le premier des « grand lacs » de cette région incroyablement sauvage : les « embalse » gigantesques , qui remplissent de façon tentaculaire tous les fonds de vallée : réserve d’eau (et d’électricité) de toute l’Espagne, je crois avoir lu ; je vais en croiser beaucoup d’autres les jours prochains.
Au barrage de l’embalse de Cijara , nombreux départs de balades à pied et à VTT.
Je franchis allègrement le panneau d’entrée en Extramadure : qu’ouies-je, qu’entends-je cela devient extrêmement dur ?
Je déjeune à midi (donc à 2h) sur une placette de village (Castilblanco) comme je les adore,
et arrive de bonne heure à Herrera del Duque. L’hôtel que j’ai réservé est fermé : un panneau annonce un décès ou un enterrement : las d’attendre, à 18 h je vais dans celui d’à côté. Mais qu’elles sont bonnes les deux « tostas » à base de tomates, d’anchois et de « jamon » local sans oublier la Cerveza.
Mardi 29 Avril
Content de retrouver en ce mardi matin ma N 502, toujours aussi peu fréquentée. Forcément comme il n’y pratiquement pas de villes/villages, la circulation ne peut qu’être faible. La zone dans laquelle je circule est en revanche un couloir aérien très actif, j’ai pu compter dans un espace très restreint du ciel jusqu’à 13 traînées d’avion en même temps ; tant que les aiguilleurs maîtrisent.
Et puis je croise et suis pendant une dizaine de km une vraie grosse nationale pleine de camions : ma statistique vaut ce qu’elle vaut mais bizarrement (par rapport à la France) les camions qui circulent en Espagne semblent être immatriculés en Espagne...
Et je retrouve le calme de ma route ; les bosses sont nombreuses mais petites et peu pentues ; ça me change des cols précédents ; à un moment je me demande si j’ai atteint le Méxique et ses pyramides.
Je fais le petit détour qui m’amène à la seule bourgade de la journée, Agudo, adossé et regroupé au pieds de la sierra et ne le regrette pas ; la ville est blanche, l’église magnifique les cigognes omniprésentes, l’épicerie et le café, côte à côte sont les bienvenus.Et je retrouve le calme de ma route ; les bosses sont nombreuses mais petites et peu pentues ; ça me change des cols précédents ; à un moment je me demande si j’ai atteint le Méxique et ses pyramides.

Depuis le départ, printemps oblige je suis accompagné, parfois au vrai sens du terme, par une farandole incessante d’oiseaux. Il y a les cigognes, présentes dès Avila, qui, si je puis me permettre, me semblent alors avoir bien mal choisi leur lieu de villégiature (froid et vent) ; il y a des geais, quelques beaux oiseaux jaune mordoré, des merles qui jacassent de bonne heure, et dans les montagnes des rapaces qui surveillent le cycliste égaré dans ces lointaines contrées (dés fois que…). Et beaucoup de sifflements que je ne peux identifier.
Un monsieur qui boîte bas m’explique qu’il a fait beaucoup dé vélo avant de se casser la jambe en moto. Il me prend en photo.
L’après-midi est totalement sauvage et les bosses sont devenues des petits cols ; quelques gouttes de sueur dans les montées me démontrent que le froid du nord est maintenant un lointain souvenir. La végétation est en train de tourner au moins touffu mais le désert reste bien vert.

De nouveau, à Almaden, j’ai sélectionné un hôtel de très bonne qualité, même que nous serons deux occupants. Je perds cependant beaucoup de temps , au lieu de me reposer ou visiter la ville, à comprendre que les journées qui m’attendent seront difficiles question logement car en Espagne non seulement le 1er Mai est férié, logique, mais le 2 Mai l’est aussi (victoire contre Napoléon) ; ce double pont se poursuit par le week-end et donc Cordoue (prochaine étape logique qui plus en fiesta elle aussi) il ne faut pas y compter : le premier prix de chambre que je trouve est à 390 euros. Et tout alentour, tout est plein aussi ; mon hôtelier me propose un centre vacances du côté d'Espiels et d’y rester deux nuits ; je finis par m’y résoudre et ce sera bien sympa.
Je vais manger dans un resto que m’a recommandé l’hôtel (El Cordobes) et je m’installe, dehors, au moment précis où démarre le match Real Madrid - Bayern Munich, retransmis par un écran plat installé dans la rue. Plus les buts tombent pour le Real qui écrase le Bayern 4-0, plus l’ambiance est festive dans les rues d’Almaden.
30 Avril
Je voulais faire étape repos à Almaden, ce sera pour ce soir seulement (cf ponts et viaducs) après une cette étape (jusqu’à Espiels) qui, pour la première fois va dépasser les 80 km d’une part, et les 25°C (30 ?) avec le col du jour en fin d’étape. Du côté positif le vent est maintenant clairement orienté Nord-Ouest et m’est plutôt favorable. Almaden est une (ancienne) région minière. Trop occupé à mes réservations hier soir, j’ai vraiment raté ma halte à Almaden et j’aurai sûrement bien utilisé une journée de repos ici… [Les mines d'Almadén, dans la province de Ciudad Real, font partie du « Patrimoine du mercure : Almadén et Idrija » classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il s'agit des deux plus grands gisements de mercure au monde. Exploités depuis l'époque romaine jusqu'à une période récente, ils ont aujourd'hui été restaurés et transformés en parc minier.]
Même si je reste dans une ambiance très verte (l’image de l’Espagne, l’été du moins, est beaucoup plus jaune) ces 80 km tout droit plein sud vont se caractériser par un paysage de steppe (sans les lions) : à l’infini, des prairies parsemées d’arbres et arbustes pas très denses.
Encore une fois ce sont les villages blancs et les haltes caféïnées que j’y fait qui agrémentent la journée ; il y a un peu plus de villages maintenant et tout soudain en début d’après-midi la circulation, si faible depuis des centaines de km, va carrément exploser : j’y vois le signe du week-end prolongé et la proximité de Cordoue. En tous cas je vais laisser définitivement, en fin de journée, la N 502 et les …390 km que j’en aurai parcouru (à quelques exceptions près).
Santa Eufemia, El Viso et Alcaracejos sont les trois haltes du jour avec leurs beaux trottoirs carrelés : cette fois il fait carrément chaud et le litre et demi d’eau que je porte sur le vélo eût été largement insuffisant sans les complément de thé et de Cola . A midi tapas de bœuf frites du meilleur niveau.
Un moment important est le passage dans la « communidad d’Andalucia »
Le col du jour à 760 m (Puerto Calatraveno) est en fin d’étape, dans la grosse circulation et vent favorable qui augmente l’impression de chaleur : une bonne préparation au grand sud à venir.
Plus étonnant, sans doute obnubilé par l’idée d’en finir, je ne remarque pas la petite route latérale vers Espiels que j’avais repérée la veille et qui m’aurait soulagé de quelques efforts. Mon GPS n’en n’est pas revenu que je le snobe ainsi.
Quand j’arrive au centre de villégiature (rando, escalade, canoë) qui va m’accueillir ces 2 jours, , 2 km au sud d'Espiels, il est quasi désert à part la proprio emmène son gamin à l’école ainsi qu'un de leurs amis qui parle bien anglais et qui m’explique que ce gite est une ancienne gare de chemin de fer. La ligne n’est pas désaffectée :il passe un ou deux trains de charbon par semaine.
Le patron, Jose, arrive vers 20h 30 pour la « cena » et devinez quoi nous regardons l’autre demi-finale de la coupe d ‘Europe, l’autre équipe de Madrid, écraser cette fois Chelsea
Le patron, Jose, arrive vers 20h 30 pour la « cena » et devinez quoi nous regardons l’autre demi-finale de la coupe d ‘Europe, l’autre équipe de Madrid, écraser cette fois Chelsea
Ma petite chambre en sous pente est bien entourée par de nombreux oiseaux et quelques grenouilles le soir en bord de l’ »embalse » de Puente Nuevo.
Voila pour la première semaine.
De Espiels à Tarifa: 378 km
4394 m de montée et 4851 m de descente
4394 m de montée et 4851 m de descente

1er Mai
Pendant le jour de repos, je prends mon vert de travail (le vélo) en milieu d’après-midi afin d’aller visiter Espiels à 3 km de mon camp de base ; on est le 1er Mai, ce devrait être calme. Ça l’est mais pas entièrement : café et boulangerie sont ouverts. Ce village blanc, à flanc de colline, est un avant-goût de ceux que je vais trouver les jours à venir ; l’église est très haut perchée. Sans les sacoches, la visite est agréable et facile malgré la pente.

En extrême extrême fin d’après-midi (20 h) je m’assure auprès de la personne qui semble remplacer les patrons qu’il y aura bien un « cena ». A 22 h, ne voyant rien venir, je demande à manger n’importe quoi mais vite ; j’ai ainsi pu avoir rapidement une sorte de Gaspacho locale délicieuse et une salade de pomme de terre préparée à la hâte et somme toute assez bourrative ; pour les autres clientsles choses cuisinées sont par ailleurs arrivées quand j’avais fini, à 11 h moins le quart. Fallait savoir.
2 Mai
Il y a dans ce coin des bruits d’oiseaux étonnants : celui qui a une note unique, toutes les 2 à 3 minutes semble ne jamais bouger et m’intrigue ; j’aime bien ce réveil plutôt que celui des moineaux piailleurs de Paris.
Je repars donc requinqué de ma « gare » d’Espiels.
Jose me prend en photo pour compléter sa collection de cyclo-randonneurs (je semble être le premier français) et me poster sur facebook; il fait beau ce matin et je sais que ça va monter rude au début : c’est effectivement le cas, il y a un km qui doit friser les 10% (un camion, à la descente, aurait pu rouler plus doucement). Mais la machine répond bien. Je me retrouve en balcon à surplomber des territoires immenses recouverts de forêts.
L’arrêt que je préfère est celui, vers midi, du café « con lecce » que je prends à la sortie du village de Villaviciosa de Cordoba ; comme d’habitude des enfants se coursent en hurlant entre les tables.
Je n' avais pas bien regardé la carte mais de nouveau, les 40 km qui me séparent de la fin d’étape sont …sans le moindre village et sans la moindre habitation. La route est un régal, qui serpente à l’infini dans des vallons tous plus riches de leur végétation les uns que les autres.

En descendant de Villaviciosa, deux changements radicaux dans ladite végétation : l’apparition de forêts d’eucalyptus, bon les poumons, l’apparition des chênes liège, épluchés à mi-hauteur (ceux qui sont éligibles à être épluchés, les plus grands, les plus forts ont un triangle noir et blanc : thème pour Brassens).
A un moment, arrivé en bas de deux mini épingles à cheveux, c’est tellement beau que je les remonte pour mieux apprécier la perspective.
Mine de rien le cheminement est très vallonné et les côtes, certes de moins en moins grandes, finissent par faire leur effet de sape des mollets tout reposés. Avant la descente finale, un truc brille au loin, à au moins 40km. Comme il n’y a pas eu de coin sympa pour s’arrêter, j’arrive de bonne heure au B&B (Finca de Juncal), le seul hébergement qui avait de la place à 30 km à la ronde de Cordoue.
Il est tenu par deux jeunes hollandais qui m’accueillent chaleureusement en m’expliquant qu’ils sont maintenant complets et que ce soir il aura 8 français, des canadiens etc.., toujours pour cause de surbooking de Cordoue ; la piscine est accueillante. En faisant mes affaires sous la tonnelle, je constate que ma montre, réglée sur température, indique 30°C ; nous y sommes et les froideurs d’Avila sont loin maintenant.
Nous dînons à 6, d’autres ayant été à Cordoue et c’est bien sympa de parler anglais ; les canadiens sont en Espagne afin de retrouver pour quelques jours leur fils, étudiant à Madrid (après Abou-Dabi et Hong-Kong - et dire qu’il fête ses 20 ans ce soir !) et Robert possède un business de rafting à 6h à l’est de Vancouver (Clearwater).
3 Mai
Les chiens ont beaucoup aboyé cette nuit ; loin de la ville c’est l’endroit des chenils de chasse, en Espagne comme en France. Ici et là, à bas la chasse donc. Mes amis canadiens n’ont pas beaucoup apprécié non plus. Ils partent pour 2 jours visiter Séville en train. Je pars peu après avec la ferme intention de ravitailler à Posadas ; je n’ai plus grand-chose à manger et si l’étape est assez plate, elle est longue et chaude en plaine. Plus d’argent liquide non plus.
Je repars plein sud puis à l’est. A gauche dans le lointain le château d’Amodovar del Rio et au loin dépassant des brumes du matin des sierras .
Le vent est contre moi quand je vais à l’est mais il devrait m’aider plus tard. Dans cette partie, je dois faire confiance au GPS (encore appelé « Dieu ») car le découpage (au ciseau et aux dimensions de mon porte-carte de la sacoche avant) des cartes Michelin que j’ai fait avant de partir (pour économiser du poids) présente une faille ici dans cette plaine, qui plus est très compliquée en terme de cheminement. Renforcement de la vigilance quand « Dieu » me dit de prendre à droite la route pour Ecija qui est dans un état catastrophique de nid de poules, voire d’absence de goudron (souvenir de Roumanie). Garder son calme et se dire que cela ne durera peut-être pas trop longtemps. 10 bons km quand même avant que cela se stabilise un peu (les deux sacoches arrière se déferont de leur glissière, danger que ça casse).
Le vent est contre moi quand je vais à l’est mais il devrait m’aider plus tard. Dans cette partie, je dois faire confiance au GPS (encore appelé « Dieu ») car le découpage (au ciseau et aux dimensions de mon porte-carte de la sacoche avant) des cartes Michelin que j’ai fait avant de partir (pour économiser du poids) présente une faille ici dans cette plaine, qui plus est très compliquée en terme de cheminement. Renforcement de la vigilance quand « Dieu » me dit de prendre à droite la route pour Ecija qui est dans un état catastrophique de nid de poules, voire d’absence de goudron (souvenir de Roumanie). Garder son calme et se dire que cela ne durera peut-être pas trop longtemps. 10 bons km quand même avant que cela se stabilise un peu (les deux sacoches arrière se déferont de leur glissière, danger que ça casse).
Les champs de blé (encore vert ici) sont parsemés de tourelles (de stockage ?) en plus ou moins bon état.
Je passe très au large de cette chose très brillante aperçue la veille et ne saurait finalement pas de quoi il s’agit. Quand la route devient franchement meilleure à une dizaine de km d’Ecija un bistrot se présente et c’est déjà l’heure du café au lait (midi) et de 2 délicieux tapas (artichaut « jamon » fort goûtu). En descendant vers Ecija, je bats mon record de vitesse, à 60.3 km/h.
Vue de loin, Ecija, qui n’est mentionnée dans aucun guide (j’avais envisagé d’y faire ville étape) semble assez belle avec au moins 4 « giralda » qui, quand on s’approche sont magnifiquement peintes et colorées. Un dédale de rues plus blanches les unes que les autres, des églises surmontées des Giraldas à tous les coins de rue, des places et des placettes indolentes sous le chaud soleil, une « plazza » d’Espagna magnifiquement accueillante, un couvent de toute beauté : cette ville mérite bien autant que d’autres l’inscription au patrimoine de l’humanité. Je sillonne tant et bien rues, ruelles et venelles qu’il est grand tepmsde repartir, vent dans le dos, mais quelle chaleur.










Comme souvent, même si le scénario est classique, je ne veux pas croire que l’étape se terminera par cette montée dans la sierra qui me fait face, légèrement à l’est, au pied de la laquelle dégouline le village blanc d’Estepa : et bien si, il faut se rendre à l’évidence c’est là-haut qu’il faut monter ce soir pour y trouver l’hôtel Manantial de Roya que j’ai réservé.
En ce samedi après-midi, la pause à El Rubio, village blanc, très animé sur la placette où je m’arrête, devrait me requinquer mais dès la sortie et le début de la montée, je comprends ma douleur : plus trop de jambes et pas encore adapté à des conditions de chaleur, même si verrai (bien) pire au Maroc. Plus je me rapproche, plus la taille des plateaux diminue et celle des pignons augmente. Pauvre loque à quelques centaines de mètres de la ville, affalé sous un pont d’autoroute, qu’il faut bien par la suite atteindre avec des raidillons à 10% et plus.
En ce samedi après-midi, la pause à El Rubio, village blanc, très animé sur la placette où je m’arrête, devrait me requinquer mais dès la sortie et le début de la montée, je comprends ma douleur : plus trop de jambes et pas encore adapté à des conditions de chaleur, même si verrai (bien) pire au Maroc. Plus je me rapproche, plus la taille des plateaux diminue et celle des pignons augmente. Pauvre loque à quelques centaines de mètres de la ville, affalé sous un pont d’autoroute, qu’il faut bien par la suite atteindre avec des raidillons à 10% et plus.
Pour la première fois je prends la bière avant même de monter dans la chambre.
L’hôtel est 2 km à l’écart d’Estepa mais je n’en ressortirai pas ce soir, d’autant que la « cena » sous la tonnelle est excellent. Coucher de soleil rougeoyant sur la plaine. La promenade du soir m’amène à réaliser que l’itinéraire que j’ai prévu demain matin part de l’hôtel par un raidillon qui me fera certes gagner plusieurs km mais devrait bien échauffer les mollets.
4 Mai
Le raidillon passe bien le matin, sauf une petite partie sableuse. Il serpente dans les vergers, c’est superbe.
Passage d’un petit col et descente sur le village de Pedrera dans lequel se déroule une course à pied.
Je vais aujourd’hui reprendre contact avec la montagne pour atteindre plus de 880 m mètres au col qui se situe juste avant la célèbre ville Ronda et encore une fois, mauvais découpage des étapes, il faudra faire la grosse montée dans l’après-midi, sous le cagna.
Pour prendre au plus court dans cette plaine cultivée d’oliviers, le GPS m’a proposé une route qui semblait incertaine sur une carte et absente sur l’autre. Quand j’y arrive c’est un chemin de gros graviers (ou petits cailloux c’est selon) digne d’une balade VTT, indigne de mon statut de vélo-randonneur. Je m’y engage cependant (8 km c’est un pari osé), toujours en me disant que ça ne va pas durer.
Çà dure, il y a des croisements en rase campagne mais qui n’impressionnent pas plus que cela « dieu », et il y a des ornières boueuses. Finalement il me faudra faire les 8 km avant de retrouver l’asphalte sécurisant (pour les pneus).
La pause-café se déroule à Campillos. L’accueil est très sympa, la place absolument magnifique, la routine quoi.
La route que j’ai choisie contourne le village de Teba et sa forteresse puis plonge sur un bras de l’ »embalse » de Guatalteba-Guadalhorce.
La route que j’ai choisie contourne le village de Teba et sa forteresse puis plonge sur un bras de l’ »embalse » de Guatalteba-Guadalhorce.
Puis c’est rapidement le début de la montée du col du jour. Ça passe assez bien, il y a 1 km nettement plus pentu à la fin et nous sommes dans un cas peu fréquent mais pas rare non plus où un col amène à un plateau : c’est la cas du Puerto el Saltillo (885 m), 500 m de montée d’un côté comme un vrai col et à peine 100 m de descente avant d’atteindre mon hôtel, 10 km plus loin.
Ronda, encore 5 km plus loin sera quasiment à la même altitude. Cet hôtel est très bien mais je me demande si j’ai bien fait de l’avoir choisi à 5k m de Ronda pour éviter les touristes, car pas grand-chose à y faire le soir. Bon à revoir.
Quand j’arrive à Ronda, je me dis d’abord que j’ai bien fait d’éviter les touristes (mes premiers japonais cette année). En ce lundi matin, j’ai préparé un paquet d’affaires devenues inutiles et que je renvoie chez moi par la poste.
La partie touristique de Ronda est toute petite en fait mais réellement spectaculaire, organisée autour d’un canyon très profond.


En descendant vers la sortie sud, un îlot de constructions magnifique vaut le détour, réellement.

Ronda, encore 5 km plus loin sera quasiment à la même altitude. Cet hôtel est très bien mais je me demande si j’ai bien fait de l’avoir choisi à 5k m de Ronda pour éviter les touristes, car pas grand-chose à y faire le soir. Bon à revoir.
5 Mai
Quand j’arrive à Ronda, je me dis d’abord que j’ai bien fait d’éviter les touristes (mes premiers japonais cette année). En ce lundi matin, j’ai préparé un paquet d’affaires devenues inutiles et que je renvoie chez moi par la poste.
La partie touristique de Ronda est toute petite en fait mais réellement spectaculaire, organisée autour d’un canyon très profond.


En descendant vers la sortie sud, un îlot de constructions magnifique vaut le détour, réellement.

Il est déjà midi, je n’ai presque pas roulé et il me reste à faire plus de 60 km, route a priori très belle puisque bordée de vert sur la carte. Je sais aussi que ça va beaucoup monter et descendre mais je ne sais pas encore que le vent va me gêner considérablement : surtout au départ de Ronda : ça monte assez fort et il s’engouffre en violentes rafales dans la gorge dans laquelle je m’engage. Beaucoup d’énergie, le maximum de technique pour faire face aux rafales, le paysage qui devient haute montagne (pelé) : 1000 m sont atteints au puerto de Encinas Borrachas.
La descente au flanc de la montagne est dangereuse à cause des rafales de vents. La vue au sud est tellement belle (par beau temps, on doit voir la mer, et l’Afrique, ce sera pour plus tard dans la journée) que dès que c’est possible des parkings avec point de vue (« mirador ») ont été aménagés. J’en profite à l’un d’entre eux pour me restaurer, au bord de la fringale, juste au-dessus du village blanc d’Atajate.
Par la suite, la route remonte et descend au flanc de cette sierra de Ronda, et à chaque fois on découvre, à ses pieds (Altagocin, Gaucin) ou dans le lointain (Benalauria, Jubrique) les taches blanches des villages sur fond vert. Effectivement cette route mérite son liseré vert.
La descente au flanc de la montagne est dangereuse à cause des rafales de vents. La vue au sud est tellement belle (par beau temps, on doit voir la mer, et l’Afrique, ce sera pour plus tard dans la journée) que dès que c’est possible des parkings avec point de vue (« mirador ») ont été aménagés. J’en profite à l’un d’entre eux pour me restaurer, au bord de la fringale, juste au-dessus du village blanc d’Atajate.
Par la suite, la route remonte et descend au flanc de cette sierra de Ronda, et à chaque fois on découvre, à ses pieds (Altagocin, Gaucin) ou dans le lointain (Benalauria, Jubrique) les taches blanches des villages sur fond vert. Effectivement cette route mérite son liseré vert.
A Gaucin, petite pause bien sympa, je découvre en partant une placette toute mignonne.
A deux doigts du gros incident de vélo : plaque d’évacuation de l’eau à lamelles plus larges que d’habitude et grosse chute évitée de justesse.
Cette fois on voit très bien Gibraltar, la mer et les montagnes du rif marocain.
A deux doigts du gros incident de vélo : plaque d’évacuation de l’eau à lamelles plus larges que d’habitude et grosse chute évitée de justesse.
Cette fois on voit très bien Gibraltar, la mer et les montagnes du rif marocain.
Malgré le vent, la descente sur San Pablo de Buceite sur plus de 10 km fait du bien et atteindre le bas de Jimena de la Fronteira n’est pas très long.
En revanche atteindre l’hôtel (casa d’Harietta) à Jimena est une autre affaire : d’abord du 5 puis du 10 puis du 15% (il y a plus dans le village dans la rue « consuelo ») puis carrément à pied. L’aménagement intérieur de l’hôtel est magnifique.
Un vélo de route (très) haut de gamme rejoint bientôt le mien, au repos dans le hall d’entrée. L’allemand qui le pilote depuis Cologne et avec qui je dînerai est du genre efficace : des étapes deux fois (au moins) plus longues que les miennes : il n’est parti que 8 jours avant moi 1500 km plus au nord. Il enfile les bières « sin » et demande la dernière avec tonitruant « con » -alcool !
En revanche atteindre l’hôtel (casa d’Harietta) à Jimena est une autre affaire : d’abord du 5 puis du 10 puis du 15% (il y a plus dans le village dans la rue « consuelo ») puis carrément à pied. L’aménagement intérieur de l’hôtel est magnifique.
Un vélo de route (très) haut de gamme rejoint bientôt le mien, au repos dans le hall d’entrée. L’allemand qui le pilote depuis Cologne et avec qui je dînerai est du genre efficace : des étapes deux fois (au moins) plus longues que les miennes : il n’est parti que 8 jours avant moi 1500 km plus au nord. Il enfile les bières « sin » et demande la dernière avec tonitruant « con » -alcool !
Mon amie Maria est née à Jimena de la Frontera et m’a demandé d’aller visiter pour elle des lieux historiques. Je suis pris en main par une française qui habite et travaille là depuis quelques temps à Jimena et qui me permet d’être efficace : je remonte ainsi la rue consuello déjà mentionné, impressionnante de raideur (la pente calculée sur « open runner » me donne >15% sur 150 mètres). Jamais je ne pourrais y laisser garer ma voiture, même roues tournées contre le trottoir, comme ça semble être le cas de façon banale ici.




6 Mai
Je voulais faire étape repos ici à Jimena mais la météo m’indique un vent favorable aujourd’hui si je vais à Tarifa, pointe ultime au sud de l’Espagne alors que ce srait beaucoup moins le cas demain. Est-ce un départ un peu précipité qui me fait faire un grand classique : le départ avec les clefs de ma chambre dans la poche ; sauf que je m’en aperçois juste en bas de Jimena. Ne voulant pas me talquer les 5 puis 10 puis 15 % pour remonter, j’arrête des automobilistes pour leur expliquer la situation "dramatique" : l’un deux comprends mon espagnol qui a du progresser un peu et connait la pension. Bueno, je vais garder des forces pour la fin de l’étape, il y en aura bien besoin.
L’étape est assez longue et devinez quoi les côtes sont en fin d’étape. Oui mais il devrait y avoir du vent très favorable et en bord de mer il fera moins chaud. Il s’agit de filer sur Algesiras par la plaine, de peu d’intérêt, à part des cigognes qui ont envahi tous les poteaux alentours.
Intrigué par le grand détour (avec du 10%) que m’impose le tracé GPS pour arriver à Algesiras, je demande confirmation à un cycliste du dimanche que je rattrape (ça arrive, rarement, mais ça arrive) : oui il faut prendre l’ancienne route car les 2 autoroutes ont complètement modifié le paysage routier. Pause-café avec un vrai plat pour me requinquer ce midi sur un rond-point d’Algesiras, inquiet d’une part de la sortie d’Algésiras (il n’y aurait qu’une autoroute) et des côtes à venir avec grosse circulation.
Intrigué par le grand détour (avec du 10%) que m’impose le tracé GPS pour arriver à Algesiras, je demande confirmation à un cycliste du dimanche que je rattrape (ça arrive, rarement, mais ça arrive) : oui il faut prendre l’ancienne route car les 2 autoroutes ont complètement modifié le paysage routier. Pause-café avec un vrai plat pour me requinquer ce midi sur un rond-point d’Algesiras, inquiet d’une part de la sortie d’Algésiras (il n’y aurait qu’une autoroute) et des côtes à venir avec grosse circulation.
- Je conseille à ceux qui me suivront de tout faire pour éviter les 3 km de sortie d’Algesiras sur la 4 voies, qui est la fin de l’autoroute.
- les montées au Puerto de Bujeo (320m) puis à l’alto d’ El Cabrito (340m) sont assez roulantes et pas trop dangereuses.
Cet endroit est unique : il faut avoir 3 yeux pour contempler à droite l’Océan atlantique, à gauche la mer méditerranée et en face l’Afrique. Cette fois l’Afrique nous tend les bras : y a pu qu’à descendre sur Tarifa et hop un coup de bateau pour Tanger. Ouais y a pu qu’à : cette descente sur Tarifa restera comme une expérience terrifiante : le vent fort qui m’a tant aidé aujourd’hui devient, passé le col, une furie de plus en plus difficile à maîtriser. Il souffle maintenant de côté, prêt à m’envoyer dans le décor dans ses sautes d’humeur. Par précaution je ralentis, déchausse les cale-pieds. Le vent s’engouffre dans mon casque avec un bruit de réacteur d’avion, les camions me doublent ou me croisent en créant des appels d’air importants et cerise sur le gâteau les pales des innombrables éoliennes (justifiées ici) que j’ai dans mon champ de vision me donnent le tournis. Accablé que cette dernière descente du dernier col parmi des dizaines depuis Hendaye soit si difficile, je dois m’arrêter pour retrouver mes esprits.
Mais la joie d’avoir accompli de A à Z cette difficile traversée de l’Espagne demeure intacte. Dernière épreuve : il faut me mettre au milieu de la route pour tourner à gauche vers Tarifa. Mon hôtelière me dira que la terrible tempête de cet après-midi était certes forte mais qu’ici c’est monnaie courante.
Mais la joie d’avoir accompli de A à Z cette difficile traversée de l’Espagne demeure intacte. Dernière épreuve : il faut me mettre au milieu de la route pour tourner à gauche vers Tarifa. Mon hôtelière me dira que la terrible tempête de cet après-midi était certes forte mais qu’ici c’est monnaie courante.
A l’entrée de la ville je filme des palmiers prêts à se décrocher et à l’intérieur de la ville retrouve mon calme car le vent y est complètement coupé.
Mon hôtel est fermé, j’attends plus d’une heure puis proteste auprès des commerçants alentour et comprends que pour rentrer il faut un code envoyé par internet et que je n’ai évidemment pas. Je change de crèmerie et me retrouve au calme dans une toute petite chambre bien sympathique.
Tarifa est une petite ville adorable qui mérite d’y flâner quelques temps avant la nuit lorsque le vent faiblit un peu. La plaza del viento est effectivement bien placée pour recevoir les coups de boutoirs d’Eole, la place de la mairie très bien aménagée, les ruelles toujours aussi belles et blanches, parfois colorées ici.


Tarifa est un « spot » mondial de la planche à voile et cela se voit. On y croise beaucoup de jeunes hommes et femmes aux cheveux bouclés par le vent, le sel et la mer, de tous horizons, déambulant nonchalamment dans la Mecque de leur sport, j’imagine en attendant une force du vent plus clémente ; plus tôt, en descendant de mon col de malheur, j’avais vue sur la plage de Tarifa, côté atlantique et qui semblait déserte.
Après toute ces émotions, je me paye un bon repas dans un resto local : gaspacho et calamar à la plancha (entre plastique et caoutchouc mais avec une bonne sauce...).
Il y a une foule modérée qui prend le bateau vers Tanger ce midi. Les gabelous espagnols sont très intéressés par mon vélo et mon voyage. Le prix de ce voyage (2 compagnies concurrentes qui font les mêmes prix !) me paraît bien élevé (50 euros pour 1 h de bateau et encore le vélo ne paye pas).
A mi-chemin il est facile d'avoir les 2 continents en ligne de mire .
A mi-chemin il est facile d'avoir les 2 continents en ligne de mire .


























































































































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