vendredi 13 juin 2014

Page 7 De Tanger à Sidi Kacem



Cette partie a été effectuée en prolongement de la traversée de l'Espagne du Nord au Sud. Elle doit être considérée comme un essai de rando-vélo au Maroc, en Afrique, à poursuivre vers le sud-ouest (Marrakech, Agadir...) une autre fois.

292 km  2838 m de montée et 2784 m de descente 

Selon l'itinéraire suivant:



L’approche de Tanger, célèbre, est belle parce que le port est au pied de la médina, mais plus pour longtemps, une gigantesque structure est en cours de construction, plus au nord et le charme aura alors disparu.



A Tanger, changement de look administratif au débarquement : responsabilités diluées entre plusieurs divisions, peu compréhensibles. Je grille un peu tout le monde sur ma bonne tête et avec mon vélo. Il fait une chaleur bien raisonnable et quasiment pas de vent.

J’ai bien choisi mon Riad « Dar Jameel », dans la médina, mais heureusement pas trop haut. Je me perds un peu car (on ne pense jamais à tout) mon GPS n'avait  la carte détaillée que pour l'Europe et je n'ai pas pensé à acheter celle de l'Afrique avant de partir, si elle existe du reste. Donc je ne pourrai plus que suivre un trait sur un plan flouté ce qui, somme toute, ne sera pas trop gênant, même si je ne pourrai plus  me repérer avec précision dans les villes. Une âme charitable (à 2 euros le renseignement) m’emmène dans un petit dédale de ruelles vers le dar « Jameel », une très bonne adresse à retenir. 




   

Me voyant seul le gérant baisse le prix de ma chambre à 37 euros pour un petit palais donnant sur le puits de lumière. Et que dire de la terrasse qui surplombe le port (juste que les 3 étages sont durs à monter mais une fois qu’on y est…).



2 jours de repos à Tanger - 7 et 8 Mai 

J’ai donc une journée et demie pour me reposer, préparer les étapes du Maroc, laver mes petites culottes et autres cuissards mais aussi préparer le retour à Paris. J’ai bien besoin de renseignements à l’office du tourisme qui a la bonne idée de fermer juste à l’heure à laquelle je pense y aller (pourquoi 15h30 ? mystère).
Du coup cet après-midi je vais en vélo flâner dans la ville nouvelle et bien sûr le long de la mer, mais la plage n’est vraiment pas accueillante.




Et en fin de journée je traîne aussi sur deux places assez connues et très animées, celles du grand et du petit Soco (la grande commémore en avril 1947 le retour d’exil du roi).  La rue d’Italie est certainement la plus animée.
Après avoir rangé le vélo au « dar », je retourne au bord de mer car les restaurants Y servent du houblon fermenté, atout non négligeable ; qui plus est le tajine de mouton est délicieux.

Après la glande d’hier, retour à l’efficacité managériale ; l’office de tourisme ne m’apporte cependant pas grand-chose si ce n’est rien : ils imaginent qu’il peut y avoir des hôtels dans les petites villes où je vais passer mais de là à les trouver concrètement… ; ils me disent qu’il n’y a pas d’agence Air France à Tanger et me donnent le site internet des trains du Maroc sans me préciser que les vélos ne seront pas acceptés ! Pas top je ferai tout par moi-même, non sans m’être restauré auparavant au restaurant local à deux pas de mon Dar, tellement bien décoré et sympa.



Activités bureautiques de l'après-midi:
-         -  La réservation sur le site d'Air France depuis Casablanca est intéressante : vol moins cher que le Paris Madrid de départ, sans supplément vélo et repas compris,
-         -  Le tracé des étapes à venir avec à chaque fois l’étape directe par les grandes routes et l’étape plus aléatoire par les petites routes. La mort dans l’âme, je choisis la première solution car par les petites routes le dénivelé quotidien devient au-dessus de mes forces et il faudrait découper au milieu de nulle part ; tout seul pas évident,
-          -  L’intégration des itinéraires choisis dans le GPS,
-         -  La réservation des hôtels quand c’est possible (à Tetouan et Chefchaouen): et en restant avec  l’incertitude pour les deux derniers jours (à Ouezzane et Sidi Kacem). NB plus ça va plus je me fie à mon flair en regardant les annonces de « booking.com », et ne me fie plus du tout au guide du routard, qui donne rarement envie.
      Et il est déjà 5h mais heureusement je m’aperçois que depuis hier je n’ai pas réajusté ma montre d’une heure : trop bien. Je me réserve cette fin de journée pour me perdre dans la médina, celle qui est sensée héberger pleins de stars type « BHL » mais aussi A. Delon, M. Schumacher, B. Pitt, etc… 
    
                              


                                      

      



     Quelques groupes de touristes, mais assez discrets et une médina/kashba à taille humaine toute en couleur, en sinuosité des ruelles, en escaliers fleuris ; une porte dans la muraille nord permet de surplomber le port. Ouais ça vaut le coup Mr et Madame Bidochon, mais le meilleur est à venir (Tetouan, Chefchaouen).

           
                                 

      Au coucher de soleil, je vais faire un tour au port de pêche, qui vaut lui aussi le détour ; les poissons fraîchement pêchés (y compris des petits requins d’1 à 2 m) sont tels que dans les cageots. Animation passagère autour du bateau qui arrive, c’est bien normal. On peut y dîner maisil règne malgré tout une odeur assez forte.
      Je retourne à la bière/couscous d’hier ; pas mal de groupes d’amis y viennent écluser toutes sortes de vin.
      


Je m’endors serein après un dernier tour sur la terrasse avec quand même un petit doute sur la qualité des routes choisies. Basta.


De Tanger à Tetouan - 9 Mai

Au matin, le jeune homme, étudiant, qui me tient compagnie au petit déjeuner, se lâche un peu et ose critiquer la mondialisation et le régime marocain ; oh oh la révolte gronde.

La sortie de Tanger par l’est est un peu longue mais je peux souvent rouler sur le trottoir en relative sécurité. Tanger-Tétouan se fera au sud puis plein est, sur une 4 voies avec terre-plein central. Elle est certes assez passagère, mais les à-côtés sont bien sécurisés.
Un incident pendant que je me restaure dans une sorte d’abribus : une vache dont les pattes avant sont entravées entreprend, au grand dam de ses propriétaires, de traverser la 4 voies … et s’en sort indemne par miracle.



Je retrouve mon copain favori : le vent. Après le passage du col du jour, modeste à 320 m, il est presque aussi fort que 3 jours plus tôt à Tarifa et cette fois en plein dans le nez. 



Je termine en danseuse dans le faux plat descendant qui arrive à Tétouan, situé à 13 km de la mer, à juste titre semble-t-il car une belle couche de nuage recouvre toute la façade est du nord du Maroc, de façon assez systématique du moins à cette époque de l’année. Bien m’a donc pris de ne pas passer par les petites routes qui bordaient cette façade est.
Mon « dar » du jour (Riad Dar Achaach)  est tout beau tout neuf, en face de Tetouan. Belle côte pour y arriver et l’on m’attend.




Jardin superbe et que dire du salon d’accueil et de ma chambre. J’y suis seul.
A quel trafic se livre donc mon hôte pour qu’il ait autant d’argent à « recycler » ?





Beaucoup de difficultés à trouver un taxi qui traîne de ce côté-ci de la ville (et encore plus de difficultés pour y revenir à la nuit tombée). Le taxi me dépose sur la grand-place, en face du palais royal (un des 58 , excusez du peu).
Sur cette place règne (c’est le cas de le dire) une animation comme on n’en voit pas souvent. Un pan de rue est dédié aux jeux de dés et de cartes. La place elle-même est une ruche débordante d’activités marchande (locale non pour touristes) et que dire de la médina.



Je m’y risque sur le côté droit du palais et sans plan bien que le jour décline mais je suis rapidement pris en main par un rabatteur pas trop sympa : il me fait courir ici et là, toujours avec l’objectif de m’amener chez son copain marchand de tapis. Je sors mon arme fatale : je suis en vélo et ne peux rien acheter ; il contre-attaque : on peut vous l’envoyer. Je me tire il me réclame de l’argent pour son fils autiste ; je lui donne la moitié de la somme réclamée, et il me largue en plein quartier juif dont je m’extirpe…pas trop mal ; 



Il fait nuit et vais manger dans un restaurant du guide du routard, plutôt décevant. Le grand chef d’ordonnancement, celui qui ne fait rien, se ridiculise en mettant dix minutes à me rendre ma monnaie (j’avais fait l’appoint pour un retour rond en billet !).


Grosse difficulté comme déjà dit pour trouver un taxi qui me ramène au Riad, après une déambulation formidable dans la grande rue Mohamed V


De Tetouan à Chefchaouen: 10 Mai

Aujourd’hui ça ne rigole pas. Le dénivelé est assez important et si je quitte les parties ventées, la moyenne grosse chaleur va pointer son nez. Et, je ne le sais pas encore, la dangerosité de la route va obliger à une vigilance extrême, voire même apprendre à « plonger » dans le bas-côté. La nationale 2 de nos amis marocains est goudronnée sur la largeur à peine suffisante pour que deux camions se croisent ; et il y en a beaucoup étant donné que la vallée que je vais remonter est une vallée dans laquelle se trouve des carrières gigantesques et qu’un plan d’aménagement se traduit par la construction de plusieurs barrages.








Le bas-côté en question est au niveau de la route : il est donc assez facile, à quelques exceptions près, d’entendre le camion qui vient derrière et de voir celui d’en face qui vont se croiser à mon niveau et hop, si ma vitesse n’est pas trop élevée, un passage dans le bas-côté avec arrêt si besoin. Pas cool quand même. Le lendemain la difficulté sera encore plus grande puisque le bas-côté, encore lui, sera souvent 10 cm plus bas que le goudron. Dans les descentes roulantes, il faut au contraire se mettre en plein milieu de la route pour empêcher toute velléité de me dépasser. Comme souvent, les camions sont corrects et prennent au moins le soin de klaxonner pour s’annoncer (même s’il ne s’arrêtent pas) alors que les bus sont moins polis.
A ma gauche (à l’est), des montagnes assez élevées qui bordent la côte méditerranéenne (toujours avec un capuchon de nuages). 



Je pique-nique sous un arbre avec ce très beau panorama montagneux.



Parti de l’altitude zéro, le premier col du jour est à plus de 650 m, mais la montée aura été assez régulière (pas de passages à plus de 7%). De l’autre côté et un kebab plus tard, j’entreprends la descente assez prudemment et tombe sur un bouchon provoqué par en accident grave (2 morts comme on me le dira le soir ?). J’arrive à me faufiler parmi les premiers véhicules autorisés à passer et plonge sur cette partie descendante en relative sécurité, voitures et camions bloqués plus haut.



 
Mais cela valide la dangerosité de l’endroit. On me dira aussi le soir que cette région est « pestiférée » au Maroc car polluée par un gros trafic de drogue (on m’en proposera plusieurs fois ce soir à Chefchaouen) et que pour se « venger » le gouvernement marocain n’entretient pas les routes. Admettons.
Après une partie plate plus quelconque, se dessine puis se précise le coteau sur lequel est construit Chefchaouen.


 Débonnaire de loin, je sais que la pente routière pour y parvenir, sera rude en cette après-midi assez chaude et sans vent, protégé que je suis du vent d’est par les hautes crêtes du bord de mer. Je ne suis pas déçu et mon profileur de côte m’indiquera plusieurs passages à plus de 10 (voire 15) %. Le chichon que l’on me propose en haut est refusé avec dédain ! Me voilà remonté à 600 m pour la deuxième et dernière fois de la journée et aussi ....du voyage.

Le GPS me fait longer la ville bleue par le bas et un dernier gros coup de rein m’amène près de l’hôtel Koutoubia, réservé depuis Tanger. Oui mais pour l'atteindre il me faut rentrer dans la Médina par quelques marches, l’horreur pour le vélo-routard chargé. Le monsieur qui m’accueille est sympa mais parle beaucoup moins bien le français que sa femme qui tient bien la baraque. Sur la terrasse, tellement agréable après les efforts récents, je prends le thé avec un groupe de marocains qui m’ont doublé  dans la côte tout à l’heure et sont très intéressés à discuter avec moi pleins de choses, dont l’accident sur la route, et le Maroc en général. Leur respect pour les cyclo-routard est maintenant total.






La ville bleue est vraiment bleue et de toute beauté quand  on y déambule au crépuscule ou le matin. Malgré des touristes, l’intérieur de la Medina reste authentique alors que la grande place en dessous de la médina, près de la kashba, encombrées de trop de restaurant est insupportable. Tajine de poulet dans une ruelle de la Médina.





 Alors que je lui demande un dernier thé avant d’aller me coucher, la patronne m’amène une bière (je n’osais même pas y songer).
La nuit sera parait-il agitée. Deux jeunes marocaines ont visité la ville avec un guide et n’ont pas voulu le payer. Scandale à 2 heures du matin et appel des flics me sont passés au-dessus de mon sommeil profond.



De chefchaouen à Ouezzane première étape de grosse chaleur - 11 Mai

C’est tellement beau Chefchaouen que j’y retourne tranquille le matin pour ramener quelques photos supplémentaires. 

                             



J’achète des oranges pour la journée et comme je laisse un pourboire conséquent, l’homme veut me toucher le menton pour me montrer sa gratitude. Et puis je peux partir tard puisque l’étape est courte et plutôt en descente.



Mais la route sera toujours aussi dangereuse, voire encore plus (cf hier) et, je ne le sais pas encore, la canicule s’installe sur le Maroc (jusqu’à 43°C sur le nord Maroc).

Pratiquement jusqu’à Ouezzane, la ville étape du jour je vais suivre des gorges superbes, d’autant plus qu’au printemps un festival de lauriers roses égaye le long des oueds encore en eaux-vives et donc ma route.

          



Le petit col ridicule du jour me fait prendre conscience de la bêtise d’être parti aussi tard. Il commence plutôt bien avec un brumisateur (comme à Paris plage) 



qui me permet de prendre une douche avant d’attaquer. Et puis, il est environ 14h, l’air respiré pendant l’effort brûle les poumons et je prends les dispositions nécessaires pour lutter contre les grosses chaleurs : plus de casque mais un chapeau assez large, que l’on peut mouiller en entier, une bouteille d’eau fraîche 1.5 litre chaque fois que possible et 2 petites en stock dans le sac pour boire et s’asperger. J'ai aussi une vache à eau de 3 litres si la situation s'aggrae encore.



A l’avant-dernier arrêt du jour arrive un groupe de 3 motards tchèques, avec un harnachement spectaculaire, sur eux-mêmes et sur leur moto (aller-retour Prague-Dakar). Le dernier arrêt est à seulement 3 km de Ouezzane, incapable que je suis d’enchaîner 10 km sans m’arrêter. Je ne m’arrêterai pas à Ouezzane même, filant directement 4 km en direction de Meknes où un Motel est annoncé.J’y serai très bien, et passerai une bonne fin de soirée en compagnie de mes seconds moto-routards du jour, Suisses cette fois (« argonautes) bien sympas mais sortant ou entrant de tourista (GPS m’en préserve).


 De Ouezzane à Sidi Kacem et Rabat - 12Mai

Je décide de démarrer à l’aube demain pour la dernière étape, la plus longue, la plus chaude et la plus plate. Même pas de muezzin pour me réveiller, ce sera donc départ à 8 h, pas si mal.
Les trente premiers km se font vite, vent dans le dos et dans une relative fraîcheur. Les 30 suivants ouest puis sud, ça passe encore, enfin sur des petites routes plus tranquilles. Je suis dans une grande plaine agricole : le 10 Mai, le blé est déjà coupé !







 Ayant couvert 60 km à midi, bien content de l’effort fourni et aux 2/3 de l’étape je m’accorde une belle pause à Khenichet. Allez, j’assume que c’est la première fois qu’un cyclo-routard s’y arrête et puis cette petite ville est tellement typique des villes au centre de 4 routes : nombreux restauroutes, pollution maximum, kebab à toute heure, pièces de boucherie qui pendent ici ou là, mobylettes, engueulades bon enfant.





Petite peur cependant quand je surveille de près un homme qui rôde autour de mon vélo et quand le gars qui prépare les brochettes le fait partir en le menaçant de son grand couteau. Un énorme camion bâché s’arrête devant moi et le contenu de son chargement déchaîne les passions.

Bref très animée cette halte. Quand je sors de l’ombre bienfaitrice, une chape de chaleur s’abat sur moi comme je n’imaginais pas. Après une vingtaine de km, je rejoins la dernière ligne droite qui doit m’amener à Sidi-Kacem.



 La route est bloquée par la maréchaussée et ma surprise est grande de voir passe des échappés et le peloton d’une improbable course cycliste sous cette canicule.
18 km tout droit, carrément dans le bas-côté en quasi permanence, plusieurs arrêts douchette, eau à 40°C dans la bouteille, tels sont les agréments pas très glamours de la dernière heure de cette formidable randonnée. Heureusement que ce n’est qu’une fin provisoire.

 Pour corser la difficulté, le train salvateur que j’avais prévu de prendre de Sidi-Kacem à Rabat m’est interdit pas un chef de gare acariâtre. Le service est sous-traité à une société privée qui travaille sur les train de nuit. Fallait la trouver celle-là !
Je me rabats (c’est le cas de le dire) sur la gare routière et trouve un bus qui me transportera en 3h (conditions de chaleur limite supportable pour moi) jusqu’à la gare routière de Rabat ; je rechausse les crampons (le vélo) à la nuit tombante pour rentrer, à plusieurs km de là, dans le centre-ville et trouve mon hôtel du routard (appelé par téléphone depuis la gare routière). Il fait au moins 15°C de moins ici que la-bas.


Rabat - Casa - 13 Mai

Quelle bonne nuit de récupération après l’éprouvante journée d’hier. Température juste bien pour tirer le drap en milieu de nuit et se rendormir profondément de 6 à 8h30, ce qui est un événement rare chez moi. En bas de l’hôtel, en sortant à droite est l’une des meilleures pâtisseries de Rabat, dixit le routard, et le petit déjeuner qu’ils servent, long à venir, est effectivement de qualité.
Enfin connecté (2 jours sans mail ni internet, c’est dire !) je peux faire mes réservations du jour à Casablanca, tracer mon itinéraire de vélo dans Rabat pour m’y promener tout en revenant à la gare routière, téléphoner de ci de là, et il est déjà midi.
Équipé pour la journée, je pars baguenauder dans la ville nouvelle de Rabat, sympa sans plus, le palais royal est trop loin et trop bien gardé ;


Assez gonflé je m’engage, vélo à la main dans une rue de la médina, qui semble la traverser de part en part, ce qui se révèle vrai et très agréable et permet de ressortir au pied de la Kashba, réputée 3 étoiles et de plus au bord de la route qui longe le bord de mer.



La Kashba est trop piégeuse à touriste pour que je m’y engage trop et j’attaque le bord de mer.








Dans la Médina j’ai pris le pain pour casse-croûter le long de l’Océan. Les vagues sont belles, mais l’aménagement tellement triste et sale.


Quelques km le long de de cette côte, tellement belle, tellement abîmée  et je retrouve assez facilement ma gare routière de la veille. Pris en main dès l’entrée je me retrouve vite fait dans la situation d’hier suant (moins quand même) tout ce que je peux en attendant le départ. Cette fois le vélo tient carrément debout dans la soute et un peu de clim dans le bus permet de bien mieux supporter le voyage : 1h pour atteindre casa et 1 h dans les embouteillages (ce qui permet de vérifier l’étendue impensable des bidonvilles à l’entrée de la ville et disons-le un peu partout) et une gare routière en lointaine banlieue.

Il me faudra pédaler plusieurs km vers le centre-ville (le plus dur est de partir dans la bonne direction) et finis par couper, un peu au bol, la ligne de tramway qui sera mon fil directeur pour arriver à l’hôtel Almohades, le 4* à prix abordable dans ce quartier chicos.

Une petite erreur de leur part dans la réservation de ma chambre simple et j’ai droit à une suite au 9ième étage : on se plaint pas. J’ai bien fait de prendre du haut de gamme car ils auront demain un service de minibus (il faut ça pour mon vélo) pour me transférer à l’aéroport. Sans trop le vouloir je chipote sur le prix qui baisse, en deux temps,  de 25%.   .
Le lendemain je m’aperçois de ma propre erreur ; la carte Michelin indiquait un aéroport tout proche de casa : j’en avais fait le tracé gps (14 petits km) au cas où je ne trouverais pas de taxi qui veuille prendre le vélo.  Triple erreur : le nouvel aéroport Mohamed V se trouve bien à 40 km de l’hôtel comme je n’avais pas voulu le croire. De plus la température a augmenté d’1/2 degré à chaque km ce qui nous amène à 40 °C au dit aéroport !, qui eût été inatteignable en vélo car sur autoroute. Mon plan B était complètement foireux et aurait pu se révéler catastrophique ; j’ai bien fait de prendre un bon hôtel qui a pu facilement trouver un transport spécifique, finalement pas si cher (60 euros).


Mercredi 14 Mai: retour à Paris

Ma dernière visite avant de prendre le bus sera pour la grande mosquée mégalomaniaque qu'a fait construire Mohamed V. Qui c'est qui a la plus grosse? c'est bien lui. Du reste le symbole phallique est évident sur les photos!







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